
Ce secteur informel dispose d’un maillon essenÂtiel et polémique : les marchands ambulants de Dakar. Polémique, parce que cette activité de commercé qui «se pratique en dehors de tout cadre réglementaire», - selon l'Observatoire économique de la Chambre de commerce qui a mené une enquête sur le commerce des marchands ambulants –accentue l'encombreÂment des artères de la capitale. Le document rapÂpelle le Conseil présidentiel de l’investissementÂ
qui avait chiffré l'impact négatif de cet encomÂbrement à 100 milliards de f Cfa de manque à gagner pour l'Etat.Â
Mais qui sont les marchands ambulants ? Le rapÂport de l'observatoire donne la définition « Les marchands ambulants peuvent être définis comme des commerçants enregistrés ou non au registre de commerce qui vendent à la sauvette ou exercent leur activité dans des lieux installés sur l'espace public. Ils représentent le moteur de l'économie informelle à Dakar avec 53,6% des activités de commerce exercées dans la capitale».Â
68% des ambulants viennent de l'intérieur du pays
Généralement, indique le document, «le marcÂhand ambulant est désigné comme une personÂne jeune (entre 15 et 40 ans), potentiellement active et qui cherche à subvenir à ses besoins». Ce qui fait que «le travail des jeunes de moins de 15 ans est également un phénomène relativeÂment présent dans le secteur (...) 0,3% des marchands ambulants interrogés ont moins de 15 ans».Â
II faut aussi noter que les questions de genre ne portent pas dans cette activité: «91 % des
marchands ambulants sont de sexe masculin». Une tendance qui s'explique par «plusieurs facÂteurs : risques de l'activité (vols, disputes, etc ), conditions de travail difficiles, réalité sociologique conférant à l'homme le statut de chef de famille». Les ambulants sont généralement des soutiens de famille : «54,8% des acteurs interrogés sont mariés et 51% ont au moins un enfant en charge».Â
Plateau-Centenaire, Petersen, Colobane et Ponty fiefs des ambulants
Renseignement important de l'enquête, « les marchands ambulants viennent essentiellement des autres régions du Sénégal (...) 68% des acteurs interrogés viennent de l'intérieur du pays». Un «mouvement migratoire consécutif au déclin de l'agriculture causé par la sécheresse et la dégradation des sols et à la concentration des activités économiques à Dakar. Le désengageÂment de l'Etat encouragé par la mise en place des programmes d'ajustement structurel (Pas) a engendré une baisse des investissements publics dans des secteurs comme l'agriculture ou l'éduÂcation. Cette situation a également contribué à la Âfaillite d'un grand nombre d'entreprises publiques et parapubliques. Ces deux facteurs conjugués ont amplifié le phénomène des marchands ambulants ». Il n'y a pas que des jeunes sénégalais dans l'activité : «la proportion de marchands ambulants en provenance des autres pays n'est pas négligeable, au moins 4,8% des individus interrogés». Il est établi aussi que plus de 45% des marchands ambulants vivent en banlieue. Mais ils travaillent quasiment tous à Dakar. «Les zones à forte concentration de marchands ambulants à Dakar sont PlateauÂ-Centenaire (41%), Petersen (22%), Colobane (16%) et Ponty (15%)», souligne l'observatoire qui distingue les acteurs selon leur mode opéraÂtoire : «les marchands ambulants 'fixes' et les marchands ambulants 'nomades'». Les marchands ambulants «fixes» qui s'établissent temporairement sur un espace public ou privé sans autorisation formelle représentent 66% des interrogés. Les ambulants «nomades» qui sillonÂnent les grandes artères représentent plus de 24% des enquêtés.
Marianne NDIAYE