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MARCHANTS AMBULANTS

Samedi, 23 Octobre 2010 10:45
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Même s'ils constituent un sujet polémique avec l'encombrement des artères de la capitale, les marchants ambulants n'en sont pas moins un maillon essentiel du secteur informel qui pèse 50% du Pib. Une enquête de l'Observatoire économique de la Chambre de ­commerce de Dakar donne une photographie assez révé­latrice des ambulants distingués en « fixes » et « nomades »: leurs profils, niveaux d'études, ambitions.

L'économie informelle emploie au Sénégal, selon le mot de Mamadou Lamine Niang, président de la Chambre de commerce, d’indistrie et d'agri­culture de Dakar (Cciad), «entre 3 à 4 millions de personnes exerçant principalement dans des activités marchandes non agricoles» et contribue globalement dans le Produit Intérieur brut pour près de 50%.


Ce secteur informel dispose d’un maillon essen­tiel et polémique : les marchands ambulants de Dakar. Polémique, parce que cette activité de commercé qui «se pratique en dehors de tout cadre réglementaire», - selon l'Observatoire économique de la Chambre de commerce qui a mené une enquête sur le commerce des marchands ambulants –accentue l'encombre­ment des artères de la capitale. Le document rap­pelle le Conseil présidentiel de l’investissement 

qui avait chiffré l'impact négatif de cet encom­brement à 100 milliards de f Cfa de manque à gagner pour l'Etat. 

Mais qui sont les marchands ambulants ? Le rap­port de l'observatoire donne la définition « Les marchands ambulants peuvent être définis comme des commerçants enregistrés ou non au registre de commerce qui vendent à la sauvette ou exercent leur activité dans des lieux installés sur l'espace public. Ils représentent le moteur de l'économie informelle à Dakar avec 53,6% des activités de commerce exercées dans la capitale». 

68% des ambulants viennent de l'intérieur du pays

Généralement, indique le document, «le marc­hand ambulant est désigné comme une person­ne jeune (entre 15 et 40 ans), potentiellement active et qui cherche à subvenir à ses besoins». Ce qui fait que «le travail des jeunes de moins de 15 ans est également un phénomène relative­ment présent dans le secteur (...) 0,3% des marchands ambulants interrogés ont moins de 15 ans». 

II faut aussi noter que les questions de genre ne portent pas dans cette activité: «91 % des

marchands ambulants sont de sexe masculin». Une tendance qui s'explique par «plusieurs fac­teurs : risques de l'activité (vols, disputes, etc ), conditions de travail difficiles, réalité sociologique conférant à l'homme le statut de chef de famille». Les ambulants sont généralement des soutiens de famille : «54,8% des acteurs interrogés sont mariés et 51% ont au moins un enfant en charge». 

Plateau-Centenaire, Petersen, Colobane et Ponty fiefs des ambulants

Renseignement important de l'enquête, « les marchands ambulants viennent essentiellement des autres régions du Sénégal (...) 68% des acteurs interrogés viennent de l'intérieur du pays». Un «mouvement migratoire consécutif au déclin de l'agriculture causé par la sécheresse et la dégradation des sols et à la concentration des activités économiques à Dakar. Le désengage­ment de l'Etat encouragé par la mise en place des programmes d'ajustement structurel (Pas) a engendré une baisse des investissements publics dans des secteurs comme l'agriculture ou l'édu­cation. Cette situation a également contribué à la ­faillite d'un grand nombre d'entreprises publiques et parapubliques. Ces deux facteurs conjugués ont amplifié le phénomène des marchands ambulants ». Il n'y a pas que des jeunes sénégalais dans l'activité : «la proportion de marchands ambulants en provenance des autres pays n'est pas négligeable, au moins 4,8% des individus interrogés». Il est établi aussi que plus de 45% des marchands ambulants vivent en banlieue. Mais ils travaillent quasiment tous à Dakar. «Les zones à forte concentration de marchands ambulants à Dakar sont Plateau­-Centenaire (41%), Petersen (22%), Colobane (16%) et Ponty (15%)», souligne l'observatoire qui distingue les acteurs selon leur mode opéra­toire : «les marchands ambulants 'fixes' et les marchands ambulants 'nomades'». Les marchands ambulants «fixes» qui s'établissent temporairement sur un espace public ou privé sans autorisation formelle représentent 66% des interrogés. Les ambulants «nomades» qui sillon­nent les grandes artères représentent plus de 24% des enquêtés.


Marianne NDIAYE

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