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L'AGRICULTURE SÉNÉGALAISE

Samedi, 23 Octobre 2010 10:45
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Le Sénégal est  l’un des pays les moins avancés au monde, victime de sous-alimentation et de la  dégradation de son environnement.

Depuis la colonisation française, le pays s’est spécialisé dans la culture  d’arachide, une culture de rente exportée vers la métropole française en échange d’importations de brisures de riz. La culture vivrière a  donc  progressivement été  remplacée par l’importation de denrées de base hautement subventionnées. Le but de ce travail est d’analyser quelles ont été les causes qui ont mené à cette situation d’insécurité alimentaire, et quelles en sont les conséquences pour les populations locales et l’environnement. L’évolution démographique du pays  est une cause-clé car la production vivrière locale  n’a pas su  suivre la demande alimentaire croissante. De plus, depuis l’Indépendance, le gouvernement a continué à promouvoir la culture arachidière au détriment d’une agriculture diversifiée, orientée vers les besoins locaux. La monoculture de l’arachide et le blocage de l’agriculture vivrière par l’importation de denrées de base subventionnées  ont des conséquences très lourdes aux niveaux social et environnemental. Le manque de diversification et de développement de la production agricole engendrent  le chômage et l’exode ruraux. La vulnérabilité des  petits producteurs agricoles a augmenté car ils sont davantage dépendants des aléas climatiques et du cours mondial des matières premières pour assurer leurs besoins alimentaires. Sur le plan environnemental, l’agriculture non-durable promeut l’appauvrissement des sols et la désertification. A ceci s’ajoutent les changements climatiques qui renforcent la vulnérabilité du pays car les pluies diminuent et le niveau des mers augmente, provocant ainsi l’érosion côtière et la salinisation des sols et des nappes phréatiques. L’agroécologie est proposée comme alternative durable au système productif agricole sénégalais. Grâce au renforcement des capitaux naturel, humain, social et physique, l’agroécologie permet d’obtenir de meilleurs rendements  agricoles  tout en minimisant les risques. Les techniques privilégiées sont travail intensives et savoir-intensives (plutôt que capital-intensives) de façon à rentabiliser les potentialités locales. Au Sénégal, la vulgarisation de l’agroécologie requiert d’importants changements de l’ordre politique  (car un rôle accru est donné à la participation des paysans) et doit impérativement commencer par la restauration de la fertilité des nombreux sols dégradés.  L’agroécologie représente une solution intéressante pour le Sénégal, ainsi que pour d’autres pays en développement qui se trouvent face aux mêmes défis démographiques et environnementaux, car elle permet d’assurer une augmentation des rendements agricoles et une meilleure gestion des ressources naturelles qui favorise l’adaptation aux changements climatiques.

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